12 juin 2007

DreamWorks décrète la mort du cinéma analogique

 En 2009, le studio d'animation DreamWorks ne produira plus que des films en numérique et en 3D. Une décision qui devrait être imitée par les concurrents et accélérer ainsi le passage au numérique des salles de cinéma. Les explications d'Ed Leonard, directeur technique de DreamWorks.

Le studio de cinéma DreamWorks Animation s'est donné deux ans pour sortir l'ensemble de ses films d'animation uniquement en numérique et en trois dimensions. Shrek 3, qui débarque la semaine prochaine sur les écrans en France, ainsi que Bee Movie, écrit par Jerry Seinfeld et programmé pour décembre, seront parmi les derniers films du studio à être diffusés au format analogique. D'autres grands studios s'apprêtent d'ailleurs à suivre le même chemin à l'instar de celui de George Lucas ou de Disney/Pixar. Pour réussir aussi rapidement son passage à la 3D, DreamWorks mise sur les prouesses de sa division technologique, qui compte près de 200 ingénieurs (sur un total de 1500 employés), répartis entre Hollywood et la Silicon Valley. Explications d'Ed Leonard, le CTO de DreamWorks.

Il existe déjà de nombreux films en 3D. En quoi la décision de DreamWorks de passer toute sa production en 3D constitue-t-elle un tournant dans l'industrie ?
Pour la majorité des films en 3D aujourd'hui, les effets 3D sont ajoutés après la réalisation du film, en post-production. Chez Dreamworks, l'ensemble du cycle de la réalisation et de la production se fera d'ici 2 ans en 3D: du dessinateur devant son PC jusqu'au producteur qui revoit les séquences, en passant par les responsables des effets spéciaux. Cela demande donc une importante mise à jour de notre infrastructure informatique. Mais cela va surtout obliger les salles de cinéma qui voudront diffuser nos films à partir de 2009, à s'équiper de projecteurs numériques adéquats. L'ère de la bobine de pellicule que l'on fabrique et que l'on envoie ensuite à des milliers de salles est révolue. Pour Shrek 3, nous avons ainsi dû fabriquer et envoyer plus de 8000 bobines, à raison de plusieurs milliers de dollars l'unité. Avec nos films numériques, il suffira d'envoyer un DVD.

Deux ans suffiront-ils aux salles de cinéma pour se préparer à cette révolution?

Il existe déjà des salles capables de projeter des films numériques mais elles sont certainement encore trop rares. L'un des obstacles réside bien sûr dans le coût du projecteur numérique qui peut atteindre 200.000 dollars, voire plus, contre 35.000 environ pour un projecteur analogique, qui offre une durée de vie très longue. La question, pour les exploitants de salles, est donc de savoir qui paye, et ça se comprend. Mais je pense qu'avec la multiplication des films en 3D stéréoscopique, le passage au numérique va s'accélérer. D'ici 2011 la majorité des salles seront numériques.

Si on voit bien l'intérêt des studios à passer à une diffusion numérique moins coûteuse, quels sont les avantages pour le public?
Pour être honnête avec vous, si vous avez la version "master" d'un film analogique et qu'elle est diffusée dans une belle salle où travaille un opérateur professionnel, vous bénéficierez d'une expérience de très bonne qualité. Très proche de la qualité d'une projection numérique. Cependant, la majorité des cinémas ne dispose pas de la bande originale. Il s'agit souvent d'une copie de copie, diffusée nombre de fois. Par ailleurs, dans les salles d'aujourd'hui, il est rare d'y voir des opérateurs professionnels, ce sont généralement des étudiants ou des gens qui ont dû apprendre le métier cela sur le tas. Avec le numérique, vous éliminez tout cela. C'est le projecteur numérique qui fait le travail et la qualité de la millième projection sera aussi bonne que la première.

Article du site L'Expansion 

Commentaires

"Par ailleurs, dans les salles d'aujourd'hui, il est rare d'y voir des opérateurs professionnels, ce sont généralement des étudiants ou des gens qui ont dû apprendre le métier cela sur le tas."

C'est vraiment sympa pour les projectionnistes diplômés qui font leur métier sérieusement en prenant soin des copies autant par respect pour le cinéma que pour les spectateurs...

Ecrit par : proj | 16 juin 2007

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